Avant toutes choses, qu’est-ce qu’un Raider-Scout ?ailes2

Le Raider-Scout est un garçon de caractère.

Par « caractère », élément fondamental de sa personnalité, il faut entendre par là : la volonté, le goût des responsabilités justement assumées, l’indépendance et la solidité du jugement face au prêt-à-penser de la société ainsi que le sens de l’humilité et de l’obéissance et enfin, l’amour passionné et actif de Dieu et du prochain.

Le Raider-Scout est un garçon déjà conscient de sa vocation à la sainteté pour le service des autres. Sa piste emprunte les éléments du scoutisme des plus authentiques. S’il se réclame de quelque originalité ou de quelques nouveautés et se pare d’un puissant attrait, c’est celui que confère l’approfondissement, la cohérence et l’exigence.

L’aventure des Raiders-Scouts ne s’adresse pas à tous. Un candidat pour devenir Raider-Scout, doit bien comprendre que prononcer l’engagement Raider ne lui sera pas donné en restant assis. Il lui faudra commencer par sortir du confort familial, aimer vivre rudement et vouloir « tout risquer, même sa vie, pour ceux qui sont dans la détresse. »

Une fois lancé dans la candidature Raider-Scout, il devra relever l’exigence des tests Raiders qui montreront qu’il est bien à même de vivre avec l’idéal scout chevillé au cœur et qu’il compte monter à la route.

Quelques points de repère dans l’histoire du scoutisme

  • 1907 : premier camp scout de Baden-Powell, sur l’île de Brownsea avec 20 garçons répartis en quatre patrouilles
  • 1920 : création des Scouts de France par le chanoine Cornette et le Père Sevin. Création de la route et des louveteaux avec les Scouts de France, Eclaireurs de France, et Unionistes. 200 000 jeunes Français inscrits dans leurs mouvements
  • Entre 1930 et 1939, il se créait au moins une ou deux troupes par semaine !
  • 1940 : Guy de Larigaudie meurt pour la France, suivi de milliers d’autres éclaireurs
  • 1942 : 10 000 routiers en pèlerinage au Puy-en-Velay
  • 1947 : Deux ans après la guerre, jamborée mondial pour la paix à Moisson (78)

Création des Raiders

Mais pourtant, l’élan s’est peu à peu ralenti, notamment à cause de la seconde guerre mondiale qui crée une pénurie de chefs, mais aussi à cause du ronron de l’habitude…

Dès qu’ils avaient 15 ans, les éclaireurs quittaient le mouvement et… pas de relève pour remplacer les scoutmestres !

Insigne des Raiders Scouts de France

Insigne des Raiders Scouts de France

Alors, Michel Menu, aidé du R.P. Rimaud et de Marcel Leclerc (équipe nationale des Scouts de France et insigne raider n°2), convaincu par l’actualité de la pédagogie scoute, s’apprête à faire une « transfusion de sang » en s’appuyant sur l’histoire des raiders de Wingate. Il travaille notamment avec le R.P. Forestier (aumônier général) afin de proposer une nouvelle étape chez les scouts de France : les raiders.

Ainsi, l’équipe nationale lance officiellement les raiders en publiant un numéro spécial de la revue « SCOUT » en janvier 1949. Et c’est une flambée d’enthousiasme qui lui répond à travers des milliers de lettres motivées par l’aventure. Premières troupes à se lancer dans l’aventure : 1re Saint-Cloud, 54ème Paris, 83ème Paris, 7ème Neuilly, 29ème Paris…

La première investiture raider se déroule à Paris le 8 juin 1949.


Quelques exemples typiques

  • En un an, la 27ème Paris passe de 3 à 10 premières classes ;
  • la 4ème Grenoble triple ses effectifs et fonde une nouvelle troupe ;
  • la 1re Angers atteint 11 premières classes ;
  • la 1re Romorantin passe soudainement de 1 à 7 patrouilles, qui donnent naissance à une deuxième troupe !

En juillet 1955, la 4ème Toulon reçoit le numéro d’investiture n°244, et à la fin de l’été 1955, on compte plus de 250 troupes investies, tandis que 230 autres troupes poursuivent leur entraînement. Dès 1951 les effectifs croissent et ce jusqu’en 1963.

Ce sont les troupes Raiders qui ont lancé les Patrouilles Libres !

1953 : quinze troupes raiders essaient au Danemark les camps à l’étranger.

juillet 1956 : à La Banne d’Ordanche, dans les Monts d’Auvergne, à l’issue de leurs camps d’été, 723 patrouilles Raiders se retrouvent pour un rallye raider de trois jours.

L’aventure Raider-Scout doit être celle d’un chef de patrouille, averti.

Elle commence avec une demande d’autorisation à la Cour d’Honneur par chef de patrouille, de devenir Raider-Scout, avant l’inscription formelle du candidat via le formulaire disponible du 1 au 31 octobre sur le site de l’équipe Cimes & Raiders.

Pour approuver la candidature Raider-Scout, la Cour d’Honneur doit s’interroger sur les capacités du chef de patrouille et son niveau : « Le chef de patrouille vit-il un beau scoutisme qui rayonne de charité, d’humilité et de mission, dans chaque activité et chaque petite chose ? Le chef de patrouille remplit-il pleinement le niveau minimum demandé qui fait qu’il vit déjà avec un certain style ? »

 

L’avis de la CDH dans le dossier de candidature est indispensable, et ne donner qu’un « avis favorable » en unique mention n’est pas pensable. Un accompagnement précis et personnalisé est à mettre en œuvre. Les critères de lancement suivants doivent aider la CdH à formuler ses attentes de progression :

  • Chef de patrouille de 1ère classe expérimenté, le candidat Raider est animé par un besoin de servir volontairement son prochain, sans chercher à y être gagnant.
  • En progression, le candidat Raider a déjà un haut savoir-faire reconnu par un brevet-majeur.
  • Chrétien, il a reçu le sacrement de la confirmation ou le demande, nourrissant sa fibre pour la mission.
  • D’un charisme de meneur d’homme, le candidat Raider voit la route comme la continuité de sa progression, vers sa vie d’adulte et non comme une étape inutile ou une simple option.

La candidature « Raider-Scout » se vit par la réalisation de 5 tests, tout au long de l’année. Les tests sont choisis par le candidat, « certifiés-conformes » aux exigences des Raiders par l’équipe Cimes & Raiders au moment des relectures de dossiers.

Ces tests se font dans l’ordre et dans le calendrier choisis par le candidat.

 

Dans le cas d’un test en milieu spécialisé et avant tout dépôt d’un dossier de candidature sur le site, le chef de troupe contact l’ETN concernée en demandant un préavis sur les conditions de réalisation de ce test (sécurité et réglementation) et s’informe sur la nécessité d’un PASS.


Test Communication – le Raider est capable de parler de son idéal dans la société qui l’entoure.

  • Avant la réalisation du test, des compétences dans un domaine de la communication sont acquises : film, diaporama, tract, affiche, interview, conférence… Une rencontre d’un professionnel est faite, ou une formation basique est suivie.
  • Par le test, le candidat témoigne, hors du cadre du scoutisme ou paroissial, de sa vie scoute et de sa foi, par une intervention de communication directe, accompagnant une réalisation dans la technique choisie. Il s’exprimera donc dans tous les cas à l’oral et en direct, en ayant préparé son intervention.
  • L’utilité de l’intervention doit être bien justifiée. Dans le compte rendu final, son efficacité sera montrée.

Test Intervention – le Raider est formé pour porter assistance à son prochain en toutes circonstances.

  • Le candidat suit une formation diplômante en secourisme qui donne de vraies compétences de secouriste au-delà du PSC 1 (PSE-I, BSB, BNSSA, autres modules). Suivre un PSE-I en s’engageant auprès d’un organisme pour un certain nombre de garde (Ordre de Malte, Croix Rouge…) permettra d’en limiter les frais. La formation PSE-I, très complète, est conseillée.
  • Le candidat met en pratique ces compétences auprès d’une asso­ciation (Ordre de Malte, Pompiers…) sur au moins deux missions de service distincts dans le temps.
  • Ses compétences sont transmises à sa patrouille au travers d’une activité scoute prévue à cet effet.

Test Mission – le Raider est le chrétien dont la foi est vivante et la charité ardente.

  • Il s’engage au service au travers d’une action régulière de ryth, amenant d’autres vers les sacrements.
  • La première forme possible est celle du candidat Raider, chrétien baptisé et confirmé, qui participe aux formations et à l’animation de sa paroisse, d’un lycée (ex : catéchisme, adoration, confirmation, organisation d’un groupe de prière ou autres).
  • La seconde forme possible est celle du scout qui rayonne en dehors du cercle catholique, au service de la société et des plus démunis : le candidat s’engage dans un service gratuit régulier, qui peut prendre des formes diverses (visite de personnes âgées, service auprès d’associations non catholiques…).
  • Un père spirituel est choisi par le candidat. Il le rencontre chaque mois, pour aborder les points fondamentaux de sa vie personnelle et de sa vie spirituelle, ainsi que de sa candidature. Son nom est dans le dossier.
  • Il vit pendant l’année un vrai temps fort spirituel (retraite dans un monastère, pèlerinage, engagement d’ado­ration) distinct du temps spi Cime de sa patrouille.

Test Sport : le Raider sait se dépasser, il maintient sa condition physique pour toujours mieux servir.

  • Le candidat pratique régulièrement un sport (plus de 2h par semaine hors scolaire) à bon niveau.
  • Il choisit et réalise une activité sportive ponctuelle qui va lui permettre de mettre à l’épreuve son endurance.
  • Il choisit et réalise une activité sportive ponctuelle exigeante qui va le faire sortir de la zone de confort, lui réclamant un cran certain et lui faisant vivre des sensations rares (l’effort doit être individuel : l’initiation à un sport en « tandem » ne convient pas).

Test Raid : le Raider recherche l’excellence dans le style et les techniques scouts et au contact du réel.

  • Le candidat prépare pendant l’année les raids de progression de chacun de ses patrouillards.
  • Le chef de troupe, en lien avec le père spirituel du candidat, prépare son raid Rai­der suivant les explications données par l’équipe Cimes & Raiders.

Le Raider, un chrétien catholique

  • Il vit sa foi catholique sans honte et avec persévérance.
  • Il sait parler de sa foi, des Évangiles, et de quelques grands principes du catéchisme de l’Église Catholique (7 sacrements, 7 péchés capitaux, 7 dons du Saint Esprit, vertus cardinales et vertus théologales).
  • Il vit l’Eucharistie chaque semaine, et la confession et l’adoration régulièrement chaque mois.
  • Il sait préparer et servir une messe au pied levé.

Unité de vie et cohérence, la signature Raider

  • Il veut faire preuve d’une vraie unité de vie et rayonne par ses choix quotidiens (comportement en soirée, tabac, alcool).
  • Courtois et chevaleresque, il est un modèle de respect vis-à-vis de la gente féminine. Il honore son père et sa mère (respect, obéissance, reconnaissance).
  • Il prend soin de sa vie affective (relations, décisions de vie, sexualité) et comprend qu’aborder ce sujet avec son père spirituel est important.
  • Il ne vit pas dans la fiction mais donne du sens à sa vie (comportement vis-à-vis des jeux vidéo, des réseaux sociaux).

Corps et condition physique du Raider

  • Il est endurant et peut mener sa patrouille sans faillir en tout temps et en tous lieux, à pied ou à vélo, en forêt ou en montagne.
  • Il fait au moins 30 pompes complètes d’affilé.
  • Il atteint 10 tractions complètes en pronation.
  • Il est capable de se hisser sur 5 mètres de corde lisse.
  • Il franchit sans problème un pont de singe de 15m en corde simple.

Tenue et uniforme du Raider

  • Il porte son uniforme, en est fier, sans fioritures, ni rajout. Il n’y manque aucun insigne (badges, PA).
  • Il se tient prêt au service quels que soient la fatigue et le temps. Il vit les mains hors des poches, prêt, manches relevées.
  • Il tient son sac scout toujours prêt au départ, prêt à enfiler son uniforme pour partir au coup de sifflet, aider un patrouillard ou la maitrise au début d’un week-end.
  • Il s’équipe correctement sans vivre dans la façade, il a compris que même l’armée française en Guyane n’utilise plus les Rangers, et qu’un treillis, une musette, une dague ou tout autre artifice ne rendent pas service au mouvement auquel il a choisi librement d’appartenir. Il préférera un sac léger et étanche, un couteau parfaitement aiguisé et à portée de main (pas à la ceinture) et le port de la chaussure scoute.

Vie au camp

  • Son coin de bivouac est toujours propre. Il a le goût des choses bien faites, simplement, par style et hygiène. La tenue des gamelles de sa patrouille « cul blanc » en témoigne.
  • Il se lave entièrement tous les matins, après le dérouillage, et se lave les mains avant de déjeuner. Sa brosse à dent n’est pas un ustensile pour la « vie civile ».
  • Premier levé, dernier couché, il se lève rapidement dès que le réveil sonne, et range rapidement ses affaires avant de sortir de sa tente.
  • Il se couche le soir dans le silence de la nuit le plus total jusqu’au lendemain. Le soir, sa place est avec ses garçons, pas avec les autres CP ou qui que ce soit. Il sait que sa 1ère charge est celle de sa patrouille.
  • La tenue de son lieu de camp est toujours impeccable, et n’ira pas se justifier par des arguments factices d’un traditionnel lendemain de concours cuisine ou d’un départ en Grand Jeu qui l’aurait surpris…

Techniques scoutes

  • Il anime avec aisance une veillée scoute. Il s’exprime en public en toute occasion.
  • Il n’a plus rien à apprendre des bases du froissartage et son camp d’été en sera le reflet.
  • Il anime avec aisance une prière pour un groupe (famille, amis, patrouille).
  • Il sait lire une carte rapidement, faire une triangulation ou tenir un azimut sur 5 kilomètres.
  • Il utilise à bon escient les nœuds et brêlages scouts.

Parce que nous souffrons des mauvais exemples…TOI, ne te trompe pas de chemin : Il est devenu aujourd’hui trop courant de voir des contre-exemples partout dans notre société. Nous désirons que les Raiders soient de vrais jeunes hommes en route vers la sainteté. Droits dans leurs bottes, fiers de leur foi, et exemplaires. Il est donc inconcevable qu’un Raider soit fumeur, de tabac ou autre. Un Raider sait animer une soirée sans alcool. Un Raider n’est pas un adepte de la pornographie, ni de flirt avec les filles du lycée ou du rallye. Un Raider tire les autres vers le haut, par son leadership, son charisme et ses compétences. Un Raider préfère passer une heure à adorer le Christ plutôt que de rester devant son Facebook. Un Raider ne loupe pas la messe du Dimanche sauf pour raisons vraiment valables. Un Raider ne porte pas de foulard coupé ni de béret vert.

Si tu es second et souhaites devenir raider : crée ta propre patrouille, ou quitte la troupe dans laquelle tu es et créé-en une au sein du Réseau de l’Araignée, et deviens ce que tu es !


 

Ouverture des inscriptions pour les candidatures Raiders-Scoutes 2018/2019
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