1e Marine Meudon : l’appel du large!
Suivre en patrouille le sillage des grands navigateurs, un mythe quand on habite en région parisienne ? Etienne, CT de la 1ère Meudon et ses deux chefs d’équipage(CE), Philippe et Gauthier, nous prouvent que non : voici plus d’un an que la troupe 1ère Meudon s’est lancée dans l’aventure des scouts marins et ils ont déjà 10 jours de navigation à leur actif, du vocabulaire marin plein la tête et surtout…des souvenirs imperrisables d’aventure vraie !
SDE – Quand avez vous décidé de lancer la troupe dans l’aventure de la qualification marine ?
Philippe (CE du Narval) – Lorsqu’il a été décidé de rouvrir la troupe, les chefs nous ont proposé de rentrer dans l’aventure des scouts marins. Après une rapide consultation des scouts et de leurs parents puis après la première CdH, la proposition est devenue réalité.
SDE – Pourquoi ?
Gauthier (CE du Requin) – Une troupe existait déjà à Meudon, les chefs nous ont proposé cette spécialité qui nous permettrait de découvrir quelque chose de différent, et… il était difficile de résister à l’aventure !
Philippe - La vie de marin permet de vivre un scoutisme authentique, par la navigation et l’effort de fourni en mer, les équipages n’en sont que davantage unis. C’est aussi cela que nous voulions vivre : aller au fond des choses, vivre avec nos garçons une aventure authentique !
SDE – Bien sûr devenir scout marin ne se fait pas en un jour… Quelles sont les étapes de la création ou la spécialisation d’une troupe marine ?
Philippe- Il y a en premier lieu le vocabulaire marin à apprendre puis des gestes et des réflexes à avoir dans la pratique. Inscription pour ceux qui le pouvaient (chefs ou CE) à une formation intermouvement pour passer le brevet de patron d’embarcation.
Etienne (Chef de troupe) – Pour nous qui n’habitons pas au bord de la mer, nous ne pouvions pas naviguer avant le camp de Pâques, aussi nous faisions de la théorie au cours des deux premiers trimestres. Puis vint le premier camp marin encadré par des membres de la Passerelle, l’ETN qui accompagne les troupes marines, qui nous a permis de beaucoup apprendre en pratique :
- la Signalisation (code Vagnon), priorités en mer, sécurité à bord…
- la théorie de navigation : Relèvement (adaptation de la topo terrestre à la mer), lecture de
- cartes marines…
- les règles de sécurité et les manoeuvres : virement de bord, empannage, tenir un cap,
- l’homme à la mer, prise de coffre…
SDE – Comment se vivent ces étapes dans les patrouilles ?
Gauthier – Très bien ! On peut très vite acquérir une formation théorique solide au cours des sorties et des week ends. Chaque CE a retransmis tout au long de l’année ce qu’il apprenait pendant les formations et dans le livret scout « embarque ».
Etienne – des idées de jeu pour apprendre les termes sont suggérées aux CE
SDE – A partir de quand parle-t-on d’équipages ?
Philippe – Je pense que l’on peut parler d’équipage à partir du moment où on a un scout pour assumer les responsabilités données par le chef de troupe et d’autres scouts motivés pour le suivre et vivre l’aventure scoute. Lorsque la troupe est amarinée.
SDE – Porte-t-on le bâchi tout de suite ?
Gauthier – Non un bâchi se mérite. La troupe qui vient d’être créée doit acquérir une certaine expérience avant de pouvoir se couvrir de ce symbole des scouts marins.
Etienne – Il nous a été remis à l’issue de la première véritable navigation de la troupe : à la fin du camp de Pâques.
SDE – Que signifie l’embout de gaffe que portent les CE sur leurs staffs ?
Gauthier - Que l’équipage est réellement qualifié marin.
Etienne – Nous avons décidé d’orner le staff d’une gaffe après 1 an d’apprentissage de la vie marine. 2 équipages l’ont donc reçu à la dernière rentrée.
SDE – Quel ont été vos objectifs cette année ?
Philippe – L’objectif de l’année a été de souder les équipages tout en apprenant les rudiments de la navigation pour les équipages, en obtenant les brevets pour les CE et les chefs et tout en se familiarisant avec l’environnement marin.
Etienne – Des ateliers de PA nous ont bien aidé à progresser au sol sur des techniques marines, comme la cartographie, les noeuds, le rôle de la vigie, etc… Le principal objectif était donc l’organisation de la vie à bord selon les PA de base pour pouvoir naviguer. Un peu plus tard, il faudra travailler la communication entre les bateaux : VHF, sémaphore…
SDE – Ont-ils été atteints ?
Gauthier – Bien sûr ! Après deux camps marins l’expérience acquise par la troupe est très précieuse et l’entraide développée sur les bateaux laisse de très bons souvenirs. Les brevets pour les CE sont à repasser, la découverte ayant été importante.
SDE – Comment avez-vous trouvé des bateaux pour naviguer ?
Philippe – Grâce au CT de la XVème Versailles qui a beaucoup aidé la maitrise sur tout le plan marin. Les bateaux ont été loués à d’autres groupes de scouts marins (SGDF de Vannes à Pâques, FSE de Brest cet été)
SDE – Faut-il un brevet majeur de patron pour diriger une embarcation ?
Philippe - Oui, c’est une étape très exigeante mais nécessaire pour diriger seul son équipage en mer. C’est l’objectif principal du CE d’obtenir ce brevet s’il ne l’a pas déjà.
Etienne – Sans celui-ci, le CE n’est pas responsable de son embarcation, il doit avoir un chef à son bord.
SDE – Comment faites-vous pour apprendre à naviguer… si loin de la mer ?
Gauthier – On apprend déjà toute la partie théorique, c’est à dire lire une carte marine, faire un relèvement ou connaître les règles à respecter en mer : code côtier, savoir vivre marin, etc.… Il y a donc du boulot !
SDE – Donnez-nous un exemple d’activité marine, de jeux marins…
Philippe – La régate à l’aviron, le jeu de la chasse à baleine (ballons de baudruche accrochés par un bout à la traine, à exploser avec une gaffe), manoeuvre d’homme à la mer
SDE – Y a t il des brevets/badges spécifiques ?
Philippe – Oui, ils sont très nombreux, et ne sont d’ailleurs pas réservés aux scouts marins! Dans les épreuves de seconde et de première classe, et dans certains badges « classiques», il y a aussi des équivalents « spécialisés ».
SDE – Comment sont organisés les équipages (postes d’action) ?
Etienne -
- Le navigateur (topo) s’occupe de la lecture de carte, demande les relèvements,
- etc…
- Le maître-coq s’occupe de la cuisine… (souvent le seul à l’abri)
- Le gabier travaille avec le navigateur et le chef de bord, surtout au moment du départ et de
- l’amarrage, il s’occupe aussi des drisses de voiles, etc…
- La vigie, travaille avec le navigateur, signale les autres bateaux de la flottille, balisage,
- etc…
- Le barreur tient la barre, tient le cap.
- Le chef de bord (le chef d’équipage) coordonne toute la navigation
SDE – Quels sont vos objectifs pour les 2 ans à venir ?
Gauthier – Pouvoir créer un ou deux équipages de plus et surtout conserver ce dynamisme et cet esprit scout en progressant dans « la vie marine ».
Etienne - Un 3ème équipage est d’ailleurs prêt à démarrer pour la rentrée. Continuer sur la lancée de l’année dernière tant dans la progression des équipages que dans la progression de chacun ; accueillir de nouveaux scouts et les familiariser à l’environnement marin.
Les objectifs sont très vastes. L’autonomie de l’équipage, la capacité à fonctionner sans un membre de la maîtrise à bord, l’initiative, la tactique de l’équipage, sont des objectifs difficiles à atteindre. Cela se travaille par des techniques simples comme la navigation les yeux bandés sauf un membre d’équipage…
En transmission, on peut travailler au sol les procédures et techniques de transmissions (TW pour remplacer les VHF…)
En secourisme, le CE doit obligatoirement être secouriste et avoir l’AFPS.
Pour se nourrir, on peut pêcher, cela s’apprend aussi, la gabier sera précieux pour le montage des lignes…
Le répertoire de chants marins est encore faible, c’est un objectif pour cette année.
SDE – racontez-nous une anecdote de vos aventures marines…
Philippe – Le dernier jour de nav’ nous avons navigué en « bateaux fantômes » c’est à dire que pas un seul marin ne doit être vu et doit resté caché. L’effet produit est très bon et les photos géniales.
Etienne – Le jeu de la baleine nous a aussi réservé de bonnes surprises, puisqu’avoir le bout du bateau adverse coincé sous la quille rend les deux embarcations complètement incontrôlables.
Les aventures marines peuvent aussi se dérouler sur terre, lors de reconstitution de batailles navales ou prises de forts sur la plage… Il y a eu quelques batailles mémorables…
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